für Verkäufe und Sparmassnahmen 2 Milliarden jährlich ....so schnell kriegt ihr den Riesen nicht klein
Alors faut-il lire entre les lignes et comprendre par-là que GM était dans une situation délicate qui va nécessiter certainement un autre ‘’plan social’’, c’est-à-dire des licenciements… ? C’est fort possible.
Mais il faut tout de même savoir que GM dispose d’un véritable trésor de guerre qui se monte à plus de 34 milliards de dollars de liquidités et pourrait réunir environ 15 milliards de dollars de plus en vendant quelques-unes de ses filiales et activités, ce qui lui permettrait de tenir plusieurs années. Qui plus est, ses frais généraux -2 milliards de dollars par trimestre- diminueront progressivement, après son récent plan de restructuration qui prévoit la fermeture de neuf usines et la suppression de 30.000 emplois sur trois ans.
Et pourtant, malgré les démentis du numéro un de GM, les investisseurs ont déjà commencé à envisager l'inimaginable. Le coût des «swaps sur défaillance» -forme de crédit constituant une assurance au cas où le constructeur se trouverait dans l'impossibilité de rembourser ses emprunts- a monté en flèche en novembre dernier pour GM. Les swaps sur défaillance lui coûtent actuellement 12 points de pourcentage du montant de l'endettement qu'ils assurent, soit quatre fois leur taux en janvier. Le hic, c’est que rares sont ceux qui imaginent Washington accepter de renflouer GM, comme cela a été le cas pour Chrysler. Du coup, les investisseurs, les fournisseurs et les salariés commencent à envisager les répercussions d'une faillite du géant et prennent d'ores et déjà des mesures pour se prémunir au cas où elle se produirait. Certains fournisseurs, par exemple, essaient d'obtenir des délais de paiement plus courts en échange d'une remise de prix.
Dans le cas échéant, quelles seraient les répercussions d'une faillite de GM ? Tout d'abord, ce serait probablement le dépôt de bilan le plus colossal de tous les temps -un tournant décisif de l'histoire de l'économie américaine-, et son retentissement serait lourd de conséquences pour tous les actionnaires de GM. Même si le rejaillissement direct sur l'économie américaine devrait être relativement modéré, le «Midwest» serait touché de plein fouet, tant par les suppressions d'emploi chez GM et ses fournisseurs que par la diminution des allocations retraite de ses anciens salariés.
Bien entendu, beaucoup d'analystes sont convaincus que toutes ces calamités en vaudront la peine si GM émerge plus solide de son dépôt de bilan. Comme l'ont déjà fait les compagnies aériennes et les sidérurgistes, GM pourrait invoquer le chapitre 11 pour renégocier ses contrats avec les syndicats, ce qui lui permettrait de tailler dans les allocations retraite et de fermer des usines sans avoir à payer les ouvriers au chômage technique. Il pourrait même se débarrasser de certaines de ses marques passées de mode et bénéficier de la protection des tribunaux de faillite contre les procès que voudraient lui intenter ses concessionnaires. Ce qui fait dire à William Rochelle, avocat du cabinet Fulbright & Jaworski, qu’«une faillite pourrait être très utile à GM». A préciser toutefois que le fameux chapitre 11 n'est pas nécessairement un pari sûr, d’autant plus que l'histoire regorge d'exemples de sociétés ayant émergé d'une faillite et qui redéposaient leur bilan quelques années plus tard.
A partir de là, essayons d’imaginer un scénario catastrophe des répercussions d'une faillite éventuelle de General Motors sur les principaux clients, fournisseurs, retraités et les salariés et investisseurs.
Primo, pour les clients
En cas de dépôt de bilan, le nom de GM sera terni et ses ventes vont s’effondrer, puisque si les consommateurs achètent volontiers des billets d'avion à une compagnie aérienne en faillite, mais rarement d'automobiles, qui constituent un investissement à long terme. La crainte pour eux de voir GM ne pas pouvoir honorer ses garanties. Certes, il n'y a eu aucun dépôt de bilan d'un constructeur automobile américain depuis plusieurs décennies, mais, comme l’indique Thomas Stallkamp, aujourd'hui partenaire industriel de la firme d'investissements privés Ripplewood Holdings, ‘’le chiffre d'affaires des détaillants comme KMart et Hechinger, et celui du constructeur automobile Mitsubishi, avait fortement chuté quand leurs problèmes financiers ont été mis au jour ».
Pour Diane Swonk, économiste en chef chez Mesirow Financial Services basée à Chicago, afin d’enrayer le recul de sa part de marché, le géant américain de l’automobile pourrait éventuellement tabler sur la baisse des coûts entraînée par la faillite afin de diminuer ses prix et attirer davantage d'acheteurs. Ceci étant, une autre baisse des prix risquerait aussi de pénaliser son chiffre d'affaires (à savoir que son chiffre d'affaires par véhicule -21.000 dollars- est inférieur de 3.500 dollars à celui de son rival Toyota.
Toujours dans cette catégorie de clients de faillite de GM, se trouvent les grosses compagnies de location de voitures, qui achètent environ 15% du volume de production de GM. Car revendant souvent leurs modèles d'occasion au constructeur, elles s'inquiètent à l'idée de devoir liquider elles-mêmes les voitures en cas de faillite de GM. Bien entendu, si les ventes au détail du groupe fléchissent, la valeur de ses voitures d'occasion va suivre. «GM devrait faire son possible pour éviter une faillite».
Secundo, les fournisseurs
Les acteurs majeurs comme le fabricant de pièces Tower Automotive et American Axle & Manufacturing dépendent de GM pour une grande partie de leurs commandes. Si la part de marché de celui-ci reculait rapidement, leur chiffre d'affaires fléchirait à son tour. Si le constructeur automobile cessait de payer ses fournisseurs après son dépôt de bilan, ne serait-ce que pendant quelques semaines, les fabricants et bien d'autres pourraient faire faillite. Du coup, certains fabricants de pièces envisagent maintenant de se faire payer plus tôt.
Tertio, les retraités et les salariés
Ce serait un contrecoup non négligeable pour les retraités, les ouvriers et les contribuables si GM déposait bilan. Et pour cause, à l'heure actuelle et d'après les méthodes comptables, sa caisse de retraite de 90 milliards de dollars est entièrement abondée. Or, selon la Pension Benefit Guaranty, qui bénéficie d'un soutien du gouvernement et agit comme bouée de sécurité pour les régimes de retraite des entreprises, les pensions chez GM seraient sous-capitalisées à hauteur de 31 milliards de dollars, autant dire que sa caisse ne possède que 59 milliards de dollars.
Mais que se passerait-il alors si GM déposait son bilan ? La PBGC pourrait avoir à payer des milliards de dollars de retraites. Elle pourrait par ailleurs obliger le géant de Detroit à continuer d'alimenter sa caisse de retraite, même s'il est en faillite –évidemment, GM contesterait alors le montant des paiements. En tout état de cause, les 450.000 retraités de GM seraient durement touchés : leurs allocations diminueraient et leurs prestations santé, comme d'ailleurs celles des actifs, seraient très certainement tronquées. Là, bienvenu aux tribunaux.
Quarto, les investisseurs
Les créanciers de GM, eux non plus, ne seraient pas épargnés. L'endettement à long terme du constructeur s'élève à 31 milliards de dollars et la plus grande partie de cette somme est due à partir de 2023. Sur ses liquidités de 34 milliards de dollars, 15 milliards sont investis dans un fonds alloué aux obligations de santé. Qu'en restera-t-il dans quelques années ? Au dire de Mark Oline, analyste chez Fitch Ratings, il faudra que GM débourse de l'argent pour financer sa restructuration, et le constructeur pourrait toujours avoir à payer pour aider son ancien fabricant de pièces Delphi.
Les créanciers risquent donc de ne pas récupérer la totalité de leur investissement, comme ce fut le cas lors du dépôt de bilan d'United Airlines ou de celui des entreprises de télécommunications Winstar et Teligent. Toutefois, à la date de son dépôt de bilan, il est fort possible que nombre de ses créanciers soient alors des investisseurs habitués au risque comme Wilbur Ross. Les hommes comme Ross rachètent des dettes pour avoir leur mot à dire dans les plans de restructuration, puis ils sollicitent une participation au capital des entreprises émergeant de leur faillite.
Quant aux actionnaires, ils sont en général plumés. Voilà pourquoi il n'est pas certain que GM dépose son bilan. Même si le constructeur le voulait, le milliardaire Kirk Kerkorian ferait tout pour l'en empêcher. Il a déjà perdu quelque 350 millions de dollars sur sa participation de 9,9% dans le capital de GM. Kerkorian et d'autres actionnaires importants -dont beaucoup ont souffert depuis plus longtemps que lui- pourraient s'associer et obliger la direction à résoudre ses problèmes sans recourir au dépôt de bilan. Selon une source familière des tactiques de Kerkorian, celui-ci veut que GM élabore rapidement un vaste plan de restructuration sans faire intervenir les tribunaux. Ce serait en fait la meilleure solution pour tous les intéressés, à condition toutefois que GM veuille bien affronter ses énormes difficultés et mette à exécution un plan qui puisse enfin fonctionner.
Compte tenu de ce qui précède, peut-on dire que General Motors n’est qu’un géant aux pieds d’argile ? Pas tout à fait. Et nous pensons que l’administration ne laissera pas tomber comme GM, aussi empêtré soit-il dans des difficultés d’ordre financier.
Si nous évoquons cette histoire, c’est tout simplement parce que le feuilleton est encore présent dans tous nos esprits, et que d’autres, encore plus dramatiques, sont certainement cachés sous nos cieux et qui, le jour où ils éclateront, l’économie risque d’en souffrir longtemps. Faut-il alors attendre ou agir maintenant ? Certains trouveront la question saugrenue. Certes. Mais… www.webmanagercenter.com/management/article.php?id=342